Sommaire
Pourquoi structurer un plan stratégique ?
Comment structurer un plan stratégique ?
Piloter un plan stratégique avec plusieurs axes d’analyse
« Structurer un plan stratégique permet de transformer une vision ambitieuse en actions concrètes et mesurables. »
Frédéric Monomakhoff
DG de Virage group
Un plan stratégique sans structure, c’est une intention. Avec structure, c’est un moteur de transformation.
Lorsqu’une organisation lance un plan stratégique, c’est qu’elle veut que les choses changent et même qu’elle veut changer les choses. La direction fixe le cap, le management porte la vision, les équipes opérationnelles la mettent en œuvre sur le terrain. Mais entre l’ambition et l’exécution, il y a souvent un gouffre. C’est exactement ce que résout une bonne structuration du plan stratégique.
Qu’est-ce qu’un plan stratégique ?
Un plan stratégique est le document qui traduit la vision d’une organisation en objectifs concrets et en actions mesurables sur une période de 3 à 5 ans. Il répond à trois questions fondamentales : où voulons-nous aller ? Comment y allons-nous ? Comment saurons-nous que nous y sommes ?
C’est l’outil de référence que la direction partage avec l’ensemble de l’organisation pour aligner les équipes, arbitrer les priorités et mesurer la performance dans la durée.
Un plan stratégique se distingue de deux documents proches qu’on lui confond souvent :
Le plan stratégique vs la planification stratégique. La planification stratégique désigne le processus, l’analyse de l’environnement, la définition des orientations, les arbitrages. Le plan stratégique en est le résultat, le document structuré qui en découle et qui sera piloté pendant 3 à 5 ans.
Le plan stratégique vs le business plan. Le business plan décrit le modèle économique, généralement à la création ou lors d’une restructuration. Le plan stratégique s’appuie sur cette base pour définir les priorités d’évolution sur le moyen terme. Dans une organisation établie, c’est le plan stratégique qui guide les décisions, pas le business plan.
Pourquoi structurer un plan stratégique ?
Un plan stratégique se décline souvent en centaines, voire milliers d’actions, réparties sur différents sites et métiers.
Personne ne peut gérer un tel volume sans structure.
C’est là qu’intervient la nécessité de structurer le plan : pour clarifier la communication, rendre le pilotage plus fluide, et garantir que les objectifs sont atteints.
Les composants d’un plan stratégique
Un plan stratégique complet s’articule autour de cinq éléments fondamentaux.
L’énoncé de vision décrit l’état futur souhaité, ce que l’organisation veut devenir à horizon 5-10 ans. C’est la boussole. Il doit être inspirant, mémorable et suffisamment ambitieux pour mobiliser les équipes.
L’énoncé de mission définit le pourquoi de l’organisation, sa raison d’être, ce qu’elle produit de valeur pour ses parties prenantes. Il ne change pas avec chaque plan stratégique : c’est le socle stable sur lequel s’appuient les orientations.
Les objectifs stratégiques (aussi appelés axes, priorités ou programmes selon les organisations) sont les grandes orientations qui permettent de progresser vers la vision. Ils doivent être en nombre limité : entre 3 et 5 pour rester lisibles, mémorisables et pilotables. Au-delà, tout devient prioritaire, ce qui revient à dire que rien ne l’est.
Les KPIs et indicateurs de résultats permettent de mesurer l’avancement réel du plan. Pour chaque objectif stratégique, des indicateurs de performance (KPI) sont définis, idéalement SMART : spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes et temporels. Sans indicateurs, le plan reste une déclaration d’intention.
La feuille de route organise les actions dans le temps, quelles initiatives, dans quel ordre, avec quelles ressources. Elle donne la visibilité sur les prochains trimestres et années, et permet d’arbitrer quand les ressources sont contraintes.
Comment structurer un plan stratégique ?
La structuration d’un plan stratégique repose sur une approche descendante et suit des étapes simples mais cruciales.
1- Définir une ambition principale
L’ambition principale, c’est la formulation de ce que l’organisation veut accomplir à l’horizon du plan. Elle doit être claire, inspirante et suffisamment ambitieuse pour mobiliser. Une entreprise de boissons peut viser à « devenir en 3 ans le leader européen de la bouteille de lait ». Un hôpital peut viser à « réduire les délais d’attente aux urgences de 40 % d’ici 2027 ».
Cette formulation n’est pas un slogan marketing. C’est l’étalon contre lequel toutes les décisions du plan seront mesurées.
2- Identifier les objectifs stratégiques
Les objectifs stratégiques sont les étapes clés qui permettent d’atteindre l’ambition. Pour l’entreprise de boissons qui veut devenir leader européen, les objectifs pourraient être : augmenter ses parts de marché par acquisitions, développer des produits plus écologiques, renforcer la distribution en Europe du Sud.
Trois à cinq objectifs maximum. Chaque objectif doit avoir un responsable identifié, souvent une direction ou un programme transversal.
3- Décliner les objectifs en sous-objectifs
Les objectifs stratégiques doivent être subdivisés en sous-objectifs plus concrets et mesurables.
Par exemple, pour atteindre l’objectif de croissance externe, un sous-objectif pourrait être de lever des fonds sur les marchés financiers.
Et ce sous-objectif peut lui-même donner lieu à une action spécifique, comme émettre des obligations sur la bourse de Madrid.
Exemple d’objectifs structurés :
- Ambition principale : Devenir leader européen de la bouteille de lait.
- Objectif stratégique : Augmenter les parts de marché via des acquisitions.
- Objectif opérationnel : Lever XX M€ pour financer ces acquisitions.
- Action : Émettre 10 M€ d’obligations sur la Bourse de Madrid.
La structure doit être hiérarchisée et claire, avec un nombre limité de sous-objectifs et d’actions pour faciliter le suivi et la communication.
La répartition des responsabilités
Pour garantir que le plan stratégique avance comme prévu, il est crucial que chaque action soit assignée à une équipe précise et qu’un manager soit responsable de son suivi.
Les objectifs stratégiques de haut niveau sont souvent transversaux, et il peut être difficile de les rattacher à une seule entité. Dans ce cas, une équipe dédiée peut se charger de la coordination.
Exemple de répartition des responsabilités :
- L’objectif d’« augmenter les parts de marché par croissance externe » pourrait être géré par la Direction Générale ou la Direction du Développement.
- L’action de lever des fonds serait confiée à la Direction Financière.
- Enfin, l’émission d’obligations sur la Bourse de Madrid serait prise en charge par l’équipe financière de la filiale espagnole.
Le croisement de la structure hiérarchique et organisationnelle
Pour assurer l’efficacité du plan, il est essentiel de croiser les structures hiérarchiques et organisationnelles.
Cela signifie que chaque action doit être liée à un ou plusieurs objectifs stratégiques tout en étant rattachée à une unité organisationnelle spécifique.
Exemple de croisement :
Une action de changement de process dans une usine pour améliorer l’efficience économique peut également être liée à un objectif de réduction des émissions de CO₂.
Ainsi, cette action pourrait être classée dans deux catégories : « productivité » et « développement durable ».
Piloter un plan stratégique dans la durée
Le pilotage dans la durée est ce qui détermine s’il reste vivant ou s’il devient progressivement décoratif.
Trois principes structurent un pilotage efficace.
Des revues régulières à fréquence fixe. Le plan stratégique doit être révisé trimestriellement et annuellement. Les revues trimestrielles permettent d’ajuster les actions en fonction des résultats observés. Les revues annuelles permettent de revalider les objectifs et d’arbitrer les ressources pour l’année suivante.
Des indicateurs à jour, pas des impressions. Piloter un plan stratégique sans données fiables, c’est naviguer sans instruments. Les KPIs définis pour chaque objectif doivent être collectés, consolidés régulièrement et présentés de façon synthétique en comité de direction.
Un outil qui centralise et automatise. Dès qu’un plan stratégique implique plusieurs directions, plusieurs sites ou plusieurs centaines d’actions, un tableur ne suffit plus. Les informations se fragmentent, les mises à jour ne remontent pas, les arbitrages se font sans vision globale.
C’est ce que résout Strat Monitor, le logiciel de pilotage des plans stratégiques de Virage Group. Il structure le plan en arborescence, collecte les données terrain en temps réel, consolide les indicateurs par axe stratégique et génère des tableaux de bord prêts pour les revues de direction.
Ce que change un plan stratégique bien structuré
Un plan stratégique bien structuré devient le moteur de transformation de l’organisation, le référentiel que chaque équipe consulte pour savoir si ce qu’elle fait contribue à l’essentiel.
La structuration, c’est ce qui permet à une direction générale de déléguer sans perdre le fil. C’est ce qui permet au management intermédiaire de prendre des décisions locales cohérentes avec les priorités globales. C’est ce qui permet aux équipes terrain de comprendre pourquoi leur travail compte.
Sans structure, le plan reste une ambition. Avec structure, il devient un levier.