Reporting stratégique : pourquoi la fiabilité se joue dès la collecte de la donnée 

Par Nadia Berchane, Product Manager – Strat monitor 


Sommaire

La fiabilité, point aveugle du reporting stratégique

La donnée existe déjà, mais elle circule mal

Pourquoi la chaîne de collecte casse aujourd’hui ?

Ce qu’attendent réellement les directions

Quantitatif et qualitatif : une lecture indissociable

Quand le produit découle du constat terrain 

Fiabilité opérationnelle : complétion, délais, traçabilité 

Cadre de collecte et souveraineté des données

De la collecte à une gouvernance continue

Installer durablement une culture de la fiabilité



Nadia Berchane est Product manager Strat monitor

« La fiabilité du pilotage stratégique ne se construit pas dans les tableaux de bord, mais dès la manière dont la donnée est collectée, cadrée et structurée. »

Nadia Berchane
Product Manager
Virage group


A propos de l’auteur

Nadia Berchane est Product Manager de Strat monitor. Elle pilote la vision et la stratégie produit en lien avec les enjeux de pilotage stratégique, en concevant des solutions orientées fiabilité, adoption et usage dans la durée.

La fiabilité, point aveugle du reporting stratégique 

Les directions stratégiques ne manquent pas de données. 
Ce qui leur manque, en revanche, c’est la certitude de pouvoir s’y fier. 
Dans de nombreuses organisations, les revues stratégiques consacrent une part croissante de leur temps à discuter la fiabilité des indicateurs : chiffres contestés, périmètres flous, données jugées obsolètes ou incomplètes. 

Cette fragilité n’apparaît pas au moment de la revue. Elle est le résultat d’une chaîne de collecte mal structurée, en amont. La fiabilité du pilotage stratégique ne se construit pas dans les tableaux de bord ou les supports de présentation. Elle se joue bien plus tôt, dès la manière dont la donnée est collectée, cadrée et consolidée. Forme 

La donnée existe déjà, mais elle circule mal 

Sur le terrain, l’information est produite en continu. Les équipes opérationnelles suivent leurs actions, leurs projets, leurs objectifs. La donnée existe donc, souvent en abondance. 

Le problème n’est pas l’absence d’information, mais sa fragmentation. Outils métiers hétérogènes, fichiers Excel locaux, pratiques individuelles : la donnée circule sans cadre commun. À mesure qu’elle remonte vers les instances de décision, elle est transformée, retraitée, interprétée. Chaque étape introduit un risque supplémentaire. 

Plus la collecte repose sur des pratiques manuelles et non structurées, plus la donnée s’éloigne de sa source. Et avec cette distance, la capacité à en garantir la fiabilité diminue mécaniquement. 

Pourquoi la chaîne de collecte casse aujourd’hui ?

Plusieurs mécanismes reviennent de façon récurrente dans les organisations. 

La collecte démarre trop tard. 

Elle est souvent déclenchée à l’approche d’une revue stratégique. Les équipes saisissent alors dans l’urgence, sur des périmètres parfois mal définis. La donnée devient un livrable à produire, non un outil d’anticipation.

La responsabilité de la donnée est diluée. 

Lorsque les rôles ne sont pas clairement définis, chacun contribue « comme il peut ». La question n’est plus ce que dit l’indicateur, mais si l’on peut lui faire confiance. 

La consolidation est majoritairement manuelle. 

Excel est largement utilisé comme outil de consolidation stratégique, alors qu’il n’est pas conçu pour porter des processus de collecte transverses, collaboratifs et traçables. 

L’usage des mauvais outils fragilise le reporting : ressaisies multiples, formules fragiles, dépendance à des individus clés. Chaque manipulation ajoute un biais potentiel et rend la traçabilité plus difficile. 
Dans ce contexte, les limites de fiabilité découlent directement de la façon dont la collecte et la consolidation sont organisées. Forme

Centraliser ne suffit pas, il faut structurer 

Face à cette réalité, la tentation est souvent de « centraliser » : un outil unique, un fichier partagé, un point de collecte commun. Mais sans cadre précis, la centralisation ne fait que déplacer le problème. 

Passer de la donnée brute à des indicateurs réellement utiles suppose de répondre à plusieurs questions en amont : 
pourquoi cette donnée est-elle collectée ? pour quelle décision ? par qui, et à quel moment ? 

Sans ce travail de structuration, le reporting s’enrichit en volume mais s’appauvrit en fiabilité. Forme

Ce qu’attendent réellement les directions 

Les directions stratégiques ne demandent pas plus de données. Elles attendent un reporting fiable, capable d’éclairer des arbitrages structurants. Cela implique deux choix clairs. 

Définir les bons indicateurs. 

Tout n’est pas pilotable au niveau stratégique. Collecter sans objectif précis dilue l’attention et complexifie inutilement les échanges. 

Limiter la collecte à ce qui est utile à la décision. 

Certaines informations doivent rester traitées à l’échelle opérationnelle. Le rôle du reporting stratégique n’est pas l’exhaustivité, mais la lisibilité et la construction d’une vision partagée dans la durée. Forme

Quantitatif et qualitatif : une lecture indissociable

Un indicateur chiffré apporte une mesure. Il ne suffit pas à lui seul. 
À l’inverse, un ressenti non étayé par des faits mesurables accroît le risque de subjectivité. 

Les indicateurs qualitatifs apportent du contexte, expliquent les écarts, éclairent les tendances. Ils sont plus sensibles aux biais, mais indispensables pour interpréter correctement les chiffres. La fiabilité repose sur l’équilibre entre ces deux dimensions.Forme

Quand le produit découle du constat terrain 

Ces constats reviennent systématiquement dans nos échanges avec les organisations : collecte tardive, hétérogène, peu tracée, difficile à fiabiliser. 

C’est à partir de cette réalité que la collecte a été pensée dans Strat monitor, non comme une étape isolée, mais comme un processus structuré, intégré au pilotage stratégique. 

Le module Campagnes couvre l’ensemble de la chaîne : reprise des objectifs définis en amont, sélection des éléments réellement utiles, ciblage précis des contributeurs concernés. Chaque acteur ne voit et ne saisit que ce qui le concerne, réduisant les erreurs et les interprétations divergentes. 

Outil de reporting et collecte automatisée des données avec Strat monitor

La saisie s’effectue directement dans l’outil, via des formulaires contextualisés, dans un cadre qui permet de garantir l’actualité de l’information. Lorsque cela est nécessaire, l’utilisateur est invité à renseigner la valeur la plus récente, afin de préserver la fiabilité du reporting.Forme 

Fiabilité opérationnelle : complétion, délais, traçabilité 

La fiabilité dépend aussi du respect des échéances. Les campagnes intègrent des mécanismes de relance programmée, ciblée sur les retardataires, avec un suivi en temps réel de l’avancement. 

L’objectif n’est pas de surveiller, mais d’anticiper. Le responsable de la collecte dispose d’une visibilité immédiate sur les retards et peut agir avant que l’information ne perde sa valeur. 

Un workflow de validation permet de soumettre, valider ou refuser une valeur, avec commentaires. Il améliore la traçabilité sans prétendre se substituer aux processus métiers de contrôle. 

Cadre de collecte et souveraineté des données

Strat monitor fournit un cadre permettant de centraliser et de structurer la collecte de la donnée, en facilitant la contribution des utilisateurs et en limitant les sources d’erreurs en amont. L’analyse et l’interprétation des informations collectées restent toutefois du ressort des organisations.

Cette structuration suppose un environnement de confiance. À ce titre, Strat monitor s’inscrit dans une logique de souveraineté des données, avec un hébergement et des sauvegardes réalisés en France. Forme

De la collecte à une gouvernance continue 

Un reporting fiable transforme la tenue des instances de gouvernance. Les revues ne servent plus à reconstituer l’information, mais à l’analyser, la discuter et à l’ajuster en temps réel. 

La donnée devient vivante. Le pilotage stratégique s’inscrit dans une logique d’ajustement continu, plutôt que dans des décisions prises a posteriori sur des informations compromises. Forme

Installer durablement une culture de la fiabilité 

Structurer la collecte, c’est aussi conduire le changement. En passant d’un effort ponctuel et chronophage à un processus continu, on réduit la charge mentale des équipes et on installe durablement une culture du pilotage par la donnée. 

La collecte des données reste un travail exigeant, mais indispensable. Le rôle de l’outil est de réduire la charge associée à ce travail, de le sécuriser et de le rendre utile, pour permettre aux organisations de se concentrer sur l’essentiel : prendre des décisions éclairées. 
Forme 


FAQ – Indicateurs de performance

La fiabilité du reporting stratégique se joue en amont, dès la collecte des données. Lorsque la donnée est collectée tardivement, sans cadre clair ou de manière manuelle, elle perd en traçabilité et en cohérence. Les erreurs ne viennent pas des tableaux de bord, mais de la façon dont l’information est produite, structurée et consolidée dès le départ.

Les organisations font face à trois difficultés majeures : une collecte déclenchée trop tard, une responsabilité de la donnée mal définie, et une consolidation encore largement manuelle (souvent via Excel). Ces pratiques fragmentent l’information et rendent la fiabilité des indicateurs difficile à garantir..

Non. Centraliser sans structurer ne fait que déplacer le problème. Pour produire des indicateurs fiables, il faut définir en amont pourquoi la donnée est collectée, pour quelle décision, par qui et à quel moment. Sans ce cadre, le reporting gagne en volume mais perd en valeur décisionnelle.

Non. Le reporting stratégique n’a pas vocation à être exhaustif. Les directions attendent avant tout des indicateurs utiles à la décision. Limiter la collecte aux données réellement nécessaires permet d’améliorer la lisibilité, de réduire la charge des équipes et d’installer une vision stratégique partagée dans la durée.

Les indicateurs quantitatifs mesurent les résultats, tandis que les indicateurs qualitatifs apportent du contexte et expliquent les écarts. Les deux sont indissociables : sans données chiffrées, l’analyse devient subjective ; sans éléments qualitatifs, les chiffres sont difficiles à interpréter correctement.


interface de Strat monitor, logiciel SEM pour piloter les plans stratégiques